Séverine Hubard, “exposition universelle”
Un workshop de Séverine Hubard,
du 31 janvier au 4 février
avec François-Noé, Dimitri, Adrien, Marion, Valentine, Marie, Lucie, Élise, Chloé, Anaïs et Pascal,
et la complicité de Jean-Marie Blanchet
« En référence à l’exposition universelle de Shanghai de 2010, les étudiants sont invités à imaginer les maquettes de plusieurs pavillons. L’atelier devient alors un vaste chantier de construction pour une exposition qui se rejouera plusieurs fois, à partir des mêmes matériaux… »
Séverine Hubard est artiste. Elle vit à Écuélin (Nord).
Son site est ici.
Les photos du workshop sont là.
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Jour cinq. Retour avec Séverine Hubard, sur l’expérience de la semaine écoulée…
« Je suis venue ici avec mes outils – la scie circulaire, la scie sauteuse, plusieurs perceuses, des visseuses… plein de cordes… J’avais demandé par ailleurs la mise à disposition d’un camion de carton en plaques alvéolées, d’une série de tasseaux de 5 mètres, de vis… Produire à partir d’un stock de matériaux, c’est un protocole qui revient souvent dans mon travail. Dans mon esprit, on ne dessine pas avant de « se lancer » : on se lance, et on trouve l’idée ensuite ! J’ai donc invité les étudiants à ne pas avoir peur : pas peur des outils, pas peur du grand, pas peur de faire, et pas peur de refaire. Et aussi à travailler vite : on ne s’est pas servi d’une équerre, presque jamais d’un mètre…
L’exposition universelle qui vient de se tenir à Shanghai me semblait un bon point de départ. Mais nous, ici et maintenant, qu’avions-nous à exposer ? Ma première invitation à chacun des participants à ce wokshop a été de se lancer directement dans la fabrication d’une maquette de son pavillon. Pavillon du livre, pavillon de la typo, pavillon pirate, pavillon des forces, pavillon modulable, pavillon anti-séïsme, pavillon château de cartes, pavillon du Panama, pavillon de la pièce, pavillon cristal, pavillon dentelle, pavillon ruche : dès la fin de la première journée, nous disposions déjà d’une collection d’objets à présenter.
Nous avons alors examiné les matériaux dont nous disposions. Je ne souhaitais utiliser la scie que le plus tard possible… Que faire avec un stock de tasseaux de 5 m de long, que l’on n’a pas le droit de tronçonner ? C’est ce qui a amené cette idée de charpente retournée, autobloquée dans l’espace de l’atelier. Première installation : nous l’avons regardée, photographiée… puis démontée. Aussitôt. Pour recommencer, et construire une autre installation. Et c’est ainsi que se sont élaborées successivement plusieurs formes dont chacune a changé radicalement l’espace de l’atelier et la présentation des maquettes. « On regarde, on démonte et on recommence » c’était notre mot d’ordre. En fait, nous avons passé notre temps à ranger ! (rires…) Mais nous avons pris le temps de photographier systématiquement chaque étape du processus, et au moment où les tirages de ces images sont arrivés, tous les participants au workshop ont éprouvé un sentiment de fierté. Allez, on prend une dernière photo, on démonte, et on va sortir de l’atelier pour construire un village de pavillons, dehors… »
