é s a Pyrénées

École
supérieure
d’art
des
Pyrénées
/ Pau
Tarbes

Ronald Curchod, “le tour du cadran”

Un workshop de Ronald Curchod,
du 6 au 10 décembre 2010
avec Adeline, Anne-Laure, Charlotte, Cong, Constance, Delphine,
Ingrid, Justine, Laura, Siham, Lanlan, Marouchka, Thibault et Xavier.
Avec la complicité de Marie Bruneau, ppp*.

“Un jour, une nuit, 24 heures de la vie d’un humain, d’une bête, d’un mètre carré de pelouse, d’un coin de ciel… d’un réduit à balais… Une observation du réel retranscrite en images et mots, indissociables […] Le carnet de voyage comme opportunité à poser son regard sur le monde, à l’éprouver. Le contexte de départ s’appuie sur une situation réelle. Chacun choisira d’en rendre compte d’un point de vue purement documentaire, ou d’en tirer parti pour générer des développements imaginaires…”

Ronald Curchod
Formé à l’implacable rigueur du graphisme suisse, Ronald Curchod s’est définitivement installé en 1979 à Toulouse pour développer une pratique singulière de peintre, affichiste, illustrateur et graphiste. Il est membre de l’Alliance graphiste internationale. Son travail est régulièrement exposé en France et à l’étranger.
son site / son blog
Les photos du worksop sont ici


Jour un.
Ronald Curchod n’est pas venu les mains vides : dans ses bagages, sa belle collection de carnets de voyage personnels. La générosité du geste n’échappe à personne. « Il ne me viendrait pas à l’idée de faire un carnet dans mon quotidien, mais quand on voyage, on voit tout pour la première fois. Alors, je prends des notes… »
Premier choix, celui du sujet. « Je vous fais une proposition à laquelle vous allez essayer de réagir, avec vos limites, avec votre univers. Choisissez un sujet par rapport à ce que vous êtes. Trouvez les outils qui vous permettent de transcrire le réel. Mais vous pouvez aussi laisser libre cours à votre imaginaire… » Réalité ou fiction ? La question est ailleurs : « Christian Boltanski dit qu’il trafique : il sait bien qu’il ne raconte pas toute la vérité, même si ce qu’il produit contient une part de vérité très forte… »
On l’a bien compris, ce qui compte ici, c’est de trouver le moyen de rendre compte d’une expérience, de restituer un morceau de vie. Ronald commente les différentes options qui s’offrent à chacun : « Essayez, même si vous n’avez pas une grande virtuosité, de dessiner. Le dessin oblige à regarder vraiment ce que vous avez sous les yeux. Il se passe souvent beaucoup de choses, quand on dessine à l’extérieur… N’hésitez pas à le faire, si c’est ce que vous voulez vivre. Mais rien ne s’oppose à utiliser la photographie, ou la vidéo… À vous de faire votre choix. Mais attention ! Rien de plus ennuyeux que les carnets de voyage remplis de clichés… Je veux voir la vie, je veux que l’on comprenne qui vous êtes… »

Jour cinq. Accrochés au mur, posés sur les tables, tous les travaux sont présentés dans l’atelier, maintenant transformé en salle d’exposition. « Plusieurs étudiants ont décidé de jouer le jeu jusqu’au bout, et de vivre l’expérience littéralement pendant 24 heures, pour collecter du matériau qu’ils ont mis en forme par la suite… » Ronald n’en demandait pas tant, mais il est visiblement ravi. Parmi ces marathoniens, Ingrid, qui a acheté et installé chez elle deux poissons rouges pour les observer le temps d’un tour complet du cadran, ou Siham, qui a décidé de consigner pendant 24 heures les pages écran de son ordinateur, lien vital avec son Maroc d’origine. Laura s’est défini une règle du jeu : « Je pars me promener avec mon appareil photo et à chaque croisement, je tire à pile ou face pour décider de la direction à prendre. » S’en est suivi une longue dérive dans la ville, qui la conduira à explorer des quartiers complètement inconnus d’elle, et finalement, à se perdre…
Singulière, chacune des quatorze propositions présentées ici porte la marque de la petite aventure intime qui lui a donné naissance. Leur point commun ? Chacune témoigne, à sa manière, de l’engagement sensible et entier de son auteur.